Cosme Online : un papodcast

Rédigé par Thibaud Saintin Aucun commentaire
Classé dans : Podcasts, Autres blogs Mots clés : podcast, enfance, récit


C’est souvent à l’heure où on aimerait (soit continuer, soit commencer à) dormir, mais c’est toujours à ce moment qu’il déboule… On essaie de prendre l’habitude d’avoir, à portée de main, l’enregistreur numérique, pour laisser une trace de toutes ces histoires qui s’inventent et qu’on oubliera, puisqu’on les fabrique souvent en faisant autre chose (cuisine, conduite sur nationale, queue de supermarché…). Le blog, qui vire au podcast, vient comme une suite logique, dans l’idée que ces histoires et la voix peuvent plaire à d’autres, les amuser aussi. Le blog introduira sans doute aussi une distance qu’on mesurera plus tard. (Septembre 2007)

***

(Commentaire de février 2006 - lien direct vers le blog/podcast ouvert en 2007 : cosmonline.blogspot.com ou lien vers l'annuaire d'Apple)

Lorsque nous sommes "rentrés" du Liban, nous avons continué à avoir l'impression d'habiter dans une sorte de campement suspendu entre "l'autostrade" et les hautes montagnes des fermes de Chebaa qu'on voyait au fond de la perspective (et qui nous amenaient un vent glacial). Encore un mois auparavant, quand nous rentrions de courses à Beyrouth, d'une promenade à Saïda ou à Tyr, nous longions longuement la route de front de mer, jusqu'au moment où il fallait bifurquer à gauche sous un pont, après la montagne d'ordure du sud de Saïda, pour s'engager sur l'autostrade pleine de nids-de-poules. Elle montait en continu vers les villages de montagne, alternativement éclairés ou pas suivant l'approvisionnement en électricité : chaque village prenait son tour, un jour sur deux. La route s'ouvrait devant nous dans les phares, derrière les saletés du pare-brise, comme une grande gaze noire tachée qui nous avalait (ça me fait penser aux circonstances de naissance de Die, de Tony Smith, racontées je crois par Georges Didi-Huberman).

Si bien qu'au retour, une fois installés dans la petite ville où je prenais mon poste en collège, on a retrouvé cette sensation de s'enfoncer dans le noir où les phares se noient inutilement, dès que les jours se sont mis à tomber plus tôt. Côme demandait, en voyant les panneux indiquant les aires de repos, pourquoi on signalait les cèdres du Liban... Pareillement, on "revenait" de "la ville" dans cette espèce de tunnel que formait nos phares pour rejoindre l'appartement, susupendu à sa manière, avec sa terrasse végétale, qu'on louait au-dessus de la rue principale et où s'engouffraient des mobylettes aux bruits d'insectes.

L'idée de maintenir un lien, ne serait-ce que virtuel, comme on le faisait auparavant avec "Aller à Nabatieh", s'est imposée toute seule, mais il fallait une autre manière, une autre approche.  Du côté de l'école aussi. Si bien que j'ai fini par acheter sur commande un Zoom H4, dans l'idée de lancer un podcast au collège : donner à entendre un collège plutôt que de tomber dans les clichés sur l'école, percevoir les ambiances de l'intérieur, avec l'intimité que l'écoute au casque favorise, qui rend la texture des voix incarnant une présence singulière, loin des rubriques "société" et des téléviseurs. 

En la testant avec Côme, c'est devenu une habitude d'avoir le Zoom à portée de main. Assez vite, l'envie de mettre ces histoires en partage est venu presque toute seule aussi : on entrait dans une autre forme d'intimité, celle de l'histoire qui s'invente à mesure, et puisqu'à nouveau nous étions "loin". Paradoxalement, le plus simple était le partage public, dans les tuyauteries de l'Internet avant sa marchandisation massive. Dans la foulée de "PodFreinet", j'avais donc ouvert "Cosmonline" sur Blogspot, pour profiter de leur flux RSS.

Ce qui permet d'avoir encore aujourd'hui ces histoires improvisées avec Côme, entre 2007 et 2010, https://cosmonline.blogspot.com/, transformée en "podcast". Au départ, c'était normalement à moi d'inventer les histoires, ce qui m'y faisait prendre un peu trop de place, ou interrompre dans l'idée d'infléchir le cours du récit. Mais progressivement, les rôles se sont inversés. C'est devenu un papodcast... qui s'est arrêté après notre installation à Bangkok à la fin de l'été 2008.

On y entend beaucoup, beaucoup de choses, notamment les souvenirs d'une guerre non vécue mais prégnante, mais pas seulement.

Aujourd'hui j'aimerais bien en faire quelque chose, peut-être les ré-écrire, les illustrer ?

Écrire un commentaire

Quelle est le deuxième caractère du mot flbar ?

Fil RSS des commentaires de cet article